Mouvement lycéen de 2026
Mouvement de blocus de lycées parti de Créteil et étendu à toute la France, pour réclamer des moyens pour l'école publique. Il fait l'objet d'une réponse policière d'une ampleur inédite pour un mouvement lycéen.
Chronologie
28 sept.
Violences policières · Saint-Ouen-l'Aumône
Lors d'un blocus, un lycéen de 14 ans reçoit des coups de matraque, donne un coup de pied, puis un policier lui tire dessus au lance-grenades à bout portant, au visage. Selon son avocate, il souffre d'une double fracture de la mâchoire et a perdu plusieurs dents. La scène est filmée ; Le Monde authentifie la vidéo.
29 sept.
Violences policières · Alençon
Devant son lycée, une lycéenne de 14 ans est attrapée violemment par le cou par un policier. Sur la vidéo, on l'entend crier à deux reprises qu'il lui fait mal.
30 sept.
Violences policières · Tours
En marge du blocus du lycée Balzac, un lycéen de 16 ans est gravement blessé à l'œil. Selon la procureure de Tours, les lésions sont compatibles avec un tir de LBD. Il perd l'usage de son œil droit.
1 oct.
Violences policières · Troyes
Une voiture de police banalisée est filmée roulant à vive allure au milieu de lycéens rassemblés près du lycée Marie-de-Champagne.
2 oct.
Atteintes aux libertés publiques ·
Du 21 septembre au 2 octobre 2026, plus de 5 000 personnes sont interpellées en marge des blocus, dont environ 85 % de mineurs. Le nombre d'interpellations quotidiennes passe de 164 le 28 septembre à 1 948 le 1er octobre. Mediapart recense plus de 2 000 gardes à vue, surtout de mineurs, et publie des témoignages de lycéens faisant état de violences et d'humiliations pendant leur garde à vue.
4 oct.
Propos d'élus · Compte X du ministre
Le ministre de l'Intérieur affirme que policiers et gendarmes protègent les élèves qui veulent manifester pacifiquement et interviennent avec proportionnalité contre les fauteurs de troubles. Il qualifie de graves et sans fondement les accusations du Syndicat de la magistrature, qui dénonçait des interventions brutales visant notamment les jeunes racisés des quartiers populaires. Au même moment, plus de 5 000 interpellations ont été recensées, dont environ 85 % de mineurs.
5 oct.
Violences policières · Lens
À quelques mètres du lycée professionnel Auguste-Béhal, un élève de 15 ans a la main gauche arrachée par l'explosion d'une grenade de désencerclement lancée par la police, en marge d'une mobilisation lycéenne. Le procureur confirme que la main a été arrachée.
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Par statut
Origine et revendications
Le mouvement commence le 21 septembre 2026 devant le lycée Saint-Exupéry de Créteil, où élèves, parents et professeurs réclament davantage de moyens pour l'éducation. Il s'étend à l'Île-de-France, puis à Lille, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Rennes, Bordeaux, Tours et d'autres villes, et touche aussi quelques établissements de Liège, en Belgique.
Les blocus sont largement spontanés, sans porte-parole ni organisation lycéenne à leur tête, et souvent lancés sur les réseaux sociaux.
Revendications les plus citées :
- le manque d'enseignants et les professeurs non remplacés ;
- les classes surchargées et les emplois du temps trop lourds ;
- l'insalubrité de certains bâtiments ;
- le manque d'infirmières scolaires, d'assistants sociaux et d'assistants d'éducation ;
- le fonctionnement de Parcoursup.
Les chiffres
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Actions recensées dans les lycées le 29 septembre | 410 | Amnesty International France |
| Lycées bloqués le 1er octobre | plus de 350 | Politis |
| Interpellations du 21 septembre au 2 octobre | plus de 5 000, dont environ 85 % de mineurs | Ministère de l'Intérieur, repris par Amnesty et l'AFP |
| Interpellations au 6 octobre | 6 547 | Article Wikipédia sur le mouvement (à vérifier) |
| Interpellations par jour | 164 (28 sept.), 440 (29 sept.), 625 (30 sept.), 1 948 (1er oct.) | Ministère de l'Intérieur, repris par Amnesty |
| Gardes à vue | plus de 2 000 depuis le 28 septembre, surtout de mineurs | Mediapart |
| Policiers blessés | 460 selon les commissaires de police | Europe 1 |
La réponse de l'État
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, rejette toute intervention disproportionnée des forces de l'ordre et répond aux critiques du Syndicat de la magistrature. Voir Propos de Laurent Nuñez sur le mouvement lycéen (2026).
Le Défenseur des droits s'est saisi d'au moins une affaire, celle d'un lycéen de 14 ans blessé au visage à Saint-Ouen-l'Aumône. Plusieurs enquêtes ont été confiées à l'IGPN.